Dentiste français en Belgique : le guide pour s'installer

Dr Thibault Mendes

Médecin & fondateur de MyMedjob

Publié le 15 septembre 2026 · 7 min de lecture

Dentiste français soignant un patient dans un cabinet dentaire en Belgique

Un dentiste diplômé en France peut exercer en Belgique sans examen d’équivalence. La reconnaissance automatique des qualifications au sein de l’Union européenne le permet. Seuls 60,48 % des dentistes belges adhèrent à la convention 2026-2027, bien moins que les médecins ou les kinésithérapeutes (80 à 90 %). Une consultation conventionnée coûte 31 €, remboursée à hauteur de 25 €. Contrairement au médecin, il n’existe pas d’Ordre des dentistes en Belgique auprès duquel s’inscrire. La procédure se limite à trois étapes : reconnaissance du diplôme, puis visa du SPF Santé publique. Le numéro INAMI vient ensuite, pour facturer les soins remboursés. Environ 90 % des dentistes belges exercent en indépendant. Leur revenu net moyen atteint environ 7 700 € par mois.

Repère 2026ValeurSource
Taux de conventionnement national des dentistes (accord 2026-2027)60,48 %, contre 80 à 90 % chez les médecinsINAMI, La Libre
Consultation en cabinet, tarif conventionné31 €, remboursés à hauteur de 25 € pour un adulteINAMI
Revenu net moyen, dentiste indépendant (~90 % des dentistes)Environ 7 700 € par moisEnquête Moustique, relayée par Dentistnews
Revenu net, dentiste salarié du secteur public (~10 % des dentistes)2 800 € à 3 500 € par moisDentistnews

Le diplôme français de dentiste est-il reconnu automatiquement en Belgique ?

Oui. Le titre de chirurgien-dentiste figure parmi les professions à reconnaissance automatique au titre de la directive européenne 2005/36/CE. La dentisterie générale ne demande aucun agrément particulier avec un master en sciences dentaires. Seul un titre professionnel spécifique — orthodontie, parodontologie, dentisterie pédiatrique — exige cet agrément.

La reconnaissance elle-même reste une formalité obligatoire avant de commencer à exercer. Le dentiste doit l’obtenir auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour un projet francophone. Le dossier comprend le diplôme, une pièce d’identité, et une attestation de conformité de l’autorité française compétente, traduite en français.

Quelles démarches pour exercer comme dentiste en Belgique ?

Pas d'Ordre des dentistes : une différence notable avec le médecin

Le médecin doit s’inscrire à l’Ordre des médecins avant de commencer à exercer. Le dentiste, lui, n’a pas d’ordre professionnel équivalent en Belgique. Le Conseil de l’art dentaire siège bien au sein du SPF Santé publique, mais il joue un rôle purement consultatif auprès du ministre. Il n’inscrit pas les praticiens pour l’exercice courant de la profession. Sur ce point précis, la procédure reste donc plus légère que pour un médecin.

Le visa du SPF Santé publique

Une fois la Fédération Wallonie-Bruxelles reconnaît le diplôme, le dentiste engage la demande de visa auprès du SPF Santé publique. Depuis le 10 juin 2024, ce visa exige aussi une preuve de niveau suffisant en français ou en néerlandais. Le master en sciences dentaires étant une profession de niveau master, le niveau requis est le C1 (sauf pour l’aptitude « écrire », où le B2 suffit). Cette preuve devient inutile si le diplôme provient déjà d’un établissement francophone, néerlandophone ou germanophone belge.

Le numéro INAMI

Le numéro INAMI reste indispensable pour que l’assurance maladie belge rembourse les soins prodigués. Le dentiste l’obtient après la reconnaissance du diplôme et le visa professionnel, en introduisant une demande directement auprès de l’INAMI.

Comment fonctionne le conventionnement des dentistes en Belgique ?

Comme détaillé dans notre article sur le conventionnement des kinésithérapeutes, un dentiste choisit lui aussi entre trois statuts : conventionné, non conventionné, ou partiellement conventionné. Un praticien conventionné respecte les tarifs de l’accord national dento-mutualiste conclu avec l’INAMI. Un praticien non conventionné fixe librement ses honoraires.

Le taux d’adhésion des dentistes à la convention 2026-2027 atteint 60,48 % au niveau national. C’est nettement moins que chez les médecins, logopèdes ou sages-femmes, où l’adhésion oscille entre 80 et 90 %. De fortes disparités existent selon la région : environ 70 % des dentistes wallons respectent les tarifs officiels, contre à peine la moitié en Flandre. Le taux de conventionnement des orthodontistes, lui, a doublé : il passe de 21,95 % en 2024-2025 à 42,86 % pour 2026-2027.

Combien coûte et combien rembourse une consultation chez le dentiste en Belgique ?

En 2026, une consultation en cabinet chez un dentiste conventionné coûte 31 €. L’INAMI en rembourse 25 € pour un adulte de 19 ans et plus. Il reste un ticket modérateur de 6 € à charge du patient. L’accord dento-mutualiste 2026-2027 a aussi revalorisé plusieurs actes. Le détartrage sous-gingival voit ses honoraires doubler, et une indexation linéaire de 6,05 % s’applique à l’ensemble des honoraires. Depuis juillet 2026, les dentistes ne peuvent plus facturer de suppléments aux bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM), même sans conventionnement.

Un dentiste non conventionné fixe librement ses honoraires. Le patient supporte alors entièrement les suppléments, sauf prise en charge partielle par une assurance dentaire complémentaire.

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Combien gagne un dentiste en Belgique ?

Environ 90 % des dentistes belges exercent en indépendant, contre 10 % qui choisissent le secteur public. Cette proportion pèse directement sur les niveaux de revenus observés. Selon une enquête de Moustique relayée par Dentistnews, un dentiste fonctionnaire touche entre 2 800 € et 3 500 € nets par mois. Ce montant varie selon la localisation et l’ancienneté. Le revenu net moyen d’un dentiste indépendant, lui, atteint environ 7 700 € par mois. Ce chiffre recouvre de fortes disparités selon la patientèle, la spécialisation et la structure du cabinet.

Pour un dentiste indépendant, le revenu net correspond au chiffre d’affaires diminué des frais professionnels et des cotisations sociales. Ces cotisations représentent environ 20,5 % du chiffre d’affaires net des frais. Prenons un cabinet qui facture 70 000 € de chiffre d’affaires annuel. Après 20 000 € de frais professionnels et les cotisations sociales, il dégage un revenu imposable nettement inférieur au chiffre d’affaires brut affiché. Ce point mérite d’être intégré avant de comparer un projet d’installation en Belgique à une situation en France.

Un dentiste gagne-t-il davantage en Belgique qu'en France ?

Les ordres de grandeur restent proches. En France, un dentiste libéral atteint couramment 6 000 € à 10 000 € nets par mois après dix ans de pratique. Les charges professionnelles y représentent 40 % à 50 % du chiffre d’affaires. Le magazine Moustique évoque un revenu net moyen d’environ 6 100 € pour un dentiste indépendant français, contre environ 7 700 € en Belgique. L’écart reste réel, mais moins marqué que pour d’autres professions de santé. Il dépend avant tout du volume de patientèle, du statut de conventionnement et de la région d’installation, plutôt que du seul pays d’exercice.

Questions fréquentes sur l'installation d'un dentiste français en Belgique

Un dentiste français doit-il s'inscrire à un ordre professionnel en Belgique ?

Non. Le dentiste n’a pas d’Ordre équivalent à celui des médecins en Belgique. Le Conseil de l’art dentaire, organe consultatif du SPF Santé publique, ne joue pas ce rôle d’inscription obligatoire.

Faut-il un agrément pour exercer comme dentiste généraliste en Belgique ?

Non, la pratique générale avec un master en sciences dentaires ne demande aucun agrément. Seul un titre professionnel particulier — orthodontiste, parodontologue — exige cette démarche.

Un dentiste français peut-il travailler en Belgique sans être conventionné ?

Oui. Le conventionnement reste un choix, réversible à chaque nouvel accord. Un dentiste non conventionné fixe librement ses honoraires, avec un reste à charge plus élevé pour le patient.

Combien de temps prennent les démarches pour exercer comme dentiste en Belgique ?

Les délais dépendent de trois organismes : la Fédération Wallonie-Bruxelles pour la reconnaissance, le SPF Santé publique pour le visa, puis l’INAMI pour le numéro d’identification. Un dossier complet dès le départ reste le meilleur moyen de limiter les délais.

Le taux de conventionnement varie-t-il selon la spécialité dentaire ?

Oui. Les orthodontistes, par exemple, affichent un taux de conventionnement en forte progression : 42,86 % pour 2026-2027, contre 21,95 % lors de l’accord précédent. Ce taux reste malgré tout inférieur à celui des dentistes généralistes.

Ce qu'il faut retenir

L’installation d’un dentiste français en Belgique reste plus légère que celle d’un médecin, faute d’ordre professionnel à intégrer. Le vrai sujet à anticiper, c’est le choix du conventionnement : il structure à la fois les revenus et la patientèle accessible sur le long terme.

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